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Transplantation : vers des greffons "longue conservation" ?

 

Le Point : La cryoconservation des organes est-elle le rêve absolu de toutes les équipes de transplantation ?

Olivier Bastien : Cette possibilité existe déjà pour les tissus, qui ne sont pas vascularisés et qui n'ont pas un métabolisme complexe. On peut ainsi conserver les cornées pendant trois semaines et les os durant plusieurs années. Pour les cœurs, poumons ou encore reins, le problème est celui de la décongélation, car les cellules peuvent alors s'abîmer, voire éclater. D'où l'intérêt des recherches actuelles. Certaines ont été présentées il y a un an dans des congrès, mais elles portent sur des modèles très primitifs d'organes, des cœurs embryonnaires ou prélevés sur des fœtus, conservés puis remis en fonction. C'est très préliminaire. Il est impossible de dire, aujourd'hui, que cela permettra de régler le problème de la pénurie d'organes.

Y a-t-il d'autres possibilités ?

Bien sûr, et la plus avancée concerne la réhabilitation. Les machines mises au point dans ce but ne vont ni refroidir ni congeler les organes, mais, au contraire, les garder à une température normale et y faire circuler des liquides qui vont apporter de l'oxygène et les maintenir en fonction. Le but est de pouvoir dépasser les vingt-quatre heures. Cela permettra de réaliser des transports plus longs, d'encore mieux sécuriser la compatibilité, voire de pratiquer certains tests complémentaires.

Pour le poumon, les essais ont commencé. Certains malades ont déjà reçu, en France et ailleurs, des poumons ainsi conservés. La réhabilitation permet aussi d'éviter les problèmes liés à la reperfusion lorsque l'organe est implanté. En maintenant la circulation (ou en la réinstaurant lentement), cela évite un apport sanguin brutal et massif, ce qui est délétère pour les artères du greffon.

Le principal problème n'est-il pas, quand même, celui du manque de donneurs ?

Certes. Allonger le temps de conservation est fondamental, mais cela ne va pas régler le problème de la pénurie en quelques années. En revanche, la cryoconservation aidera à résoudre celui de la « pénurie dynamique », qui concerne, par exemple, les personnes appartenant à un groupe rare ou encore les jeunes enfants. Pour eux, on ne trouve pas toujours les bons organes au bon moment. Disposer de banques avec ces organes « rares » permettra de réguler et de lisser les demandes dans le temps. Sinon, je rappelle que près de 99 % des organes prélevés sont aujourd'hui utilisés.


 

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